Archive pour septembre 2007

26
sept
07

Ouest

ouest.jpgRoman de François Vallejo aux éditions Viviane Hamy. 2006

Voilà un roman dans lequel j’ai eu un peu de mal à entrer mais quel bonheur par la suite ! Nous voici vers les années 1848, le vieux baron de l’Aubépine se meurt, son fils lui succède mais il n’est pas le digne héritier de cette aristocratie de province férue de traditions et jalouse de ses prérogatives. Le sieur de l’Aubépine est lui enthousiasmé par la République et les écrits de Victor Hugo jusqu’à donner la main sur les barricades ! Cela fait jaser dans les campagnes et suscite l’incompréhension de ses gens et parmi eux le garde-chasse Lambert.

Les personnages occupent tout l’espace du roman, surtout ceux qui se déchirent – Lambert et son maître- mais il en est un autre qui justifie le titre : l’Ouest. Dans les profondeurs de la campagne se joue le drame et la psychologie des personnages est étroitement liée à cet attachement atavique à la terre. C’est elle le véritable moteur des passions, c’est à cause de la terre que la tragédie se noue dans cet étouffant huis clos merveilleusement maîtrisé.

26
sept
07

Une exécution ordinaire

9782070776528.gifRoman de Marc Dugain aux éditions Gallimard. 2007

Un sous-marin nucléaire russe s’abîme dans la mer de Barents au cours de manoeuvres militaires, il s’appelle l’Oskar et des survivants auraient été entendu dans le compartiment arrière. On peut encore les sauver mais le temps est compté : quelle décision prendra le nouveau président de Russie Plotov ?

Evidemment, derrière l’Oskar il faut entendre le koursk et sous le nom de plotov, celui de Poutine. M. Dugain avec talent reprend la dramatique histoire de ce sous-marin nucléaire russe et son malheureux équipage qui défrayèrent la chronique en août 2000. Ce n’est pas le seul intérêt du roman. L’astucieuse construction du récit n’amène que progressivement l’histoire du sous-marin. Dugain nous ramène d’abord aux temps sombres du Stalinisme et ce détours n’est pas inutile même s’il peut surprendre le lecteur. Avec cette entrée narrative décalée, l’auteur donne chair à un contexte bien particulier et donne à comprendre la mentalité russe engoncée dans les exigences et travers d’un régime totalitaire. C’est par ce retour en arrière que les actes de chacun s’expliquent et que l’on a le sentiment d’être embarqués comme les sous-mariniers dans cette oppressante navigation dont l’issue sera fatale.