19
avr
07

La vie Blues

nolanblues.jpegRoman de Han Nolan aux éditions Gallimard (scripto) traduit de l’anglais (américain) par Laetitia Devaux. 2003

Un roman coup de poing, de ceux qui vous fait l’effet d’un uppercut en pleine poitrine et vous laisse le souffle coupé. C’est une histoire poignante qui ne peut laisser indifférent, un récit qui dérange mais qu’on dévore parce qu’il sonne vrai.

Janie est en famille d’accueil, délaissée par sa mère dès son plus jeune âge, elle se sent noire corps et âme et ne trouve de réconfort qu’en écoutant les “Dames”, les chanteuses afro-américaine Aretha Franklin, ou encore Etta Jones. Mais Janie est blanche bien que dôtée d’une voix qui ne demande qu’à s’affirmer, une voix “noire” de blueswoman, ce qu’elle ambitionne d’ailleurs de devenir. Si Janie est blanche, elle parle comme la minorité noire défavorisée d’Alabama, et sa vie épouse le même parcours parsemé de violence, sur fond de drogue, vol et trahisons. Janie sûre de la puissance de sa voix “noire” veut devenir à tout prix chanteuse célèbre et met tout en oeuvre pour y parvenir. Mais dans cette quête du succès et cette quête de soi, le chemin est semé d’embûches.

Han Nolan nous conte une histoire de vie sombre, sur fond de drogue et de violence mais le personnage qu’elle construit est pourtant -malgré sa “noirceur”- attachant. On peut être dérouté par la langue -celle d’une jeune noire d’un milieu très défavorisé avec peu de vocabulaire, beaucoup de verdeur- mais c’est d’une telle authenticité et cela colle tellement au personnage que le choix de l’auteur est tout à fait justifié. Un roman à lire en écoutant les “Dames”, en se laissant toucher par la grâce de la voix de celle qui, en se faisant appeler Leshaya trace sa voie et nous offre l’histoire de sa vie si blues, un blues très noir mais aussi puissant et envoûtant. Le personnage de Janie/Leshaya nous habite longtemps une fois la dernière note du roman jouée, la suivre est une épreuve âpre et souvent douloureuse mais quel beau texte au final dont on ne sort pas indemne…


0 Réponses vers “La vie Blues”



  1. Pas encore de commentaires

Laisser un commentaire